La montée du Stade Lavallois en 1ère divisionC'était le 11 juin 1976 après une belle victoire contre le Red Star9 nov. 2009 Jean-Christophe Gruau
Les Français passionnés de football se souviennent que le Stade Lavallois accéda à la première division le 11 juin 1976 en battant chez lui le Red Star...
L'ascension de Laval en première division eut lieu après une excellente saison 75-76 où le "Stade" termina 2ème du groupe A. A l'époque montaient d'office en D1 le vainqueur des deux groupes A et B, en l'occurrence Rennes et le SCO d'Angers, mais aussi le meilleur des deux clubs arrivés seconds... Battre le Red Star !Pour désigner ce dernier, les deux seconds se rencontraient au cours de deux matchs, l'un chez l'un et l'autre... chez l'autre (logique !). Et c'est ainsi que, second du groupe A, le Stade Lavallois dut affronter le second du groupe B, le Red Star de Paris... Fondé en 1897, ce club de banlieue jouissait encore d'un certain prestige car il avait remporté cinq fois la coupe de France dans l'entre-deux-guerres : en 1921, 1922, 1923, 1938 et 1942. De ce fait, il partait favori pour monter en D1... 2 à 1 pour le "Stade"De tous les matchs disputés à Laval, au stade Francis Le Basser, celui du 11 juin 1976 restera comme le plus marquant car, s'achevant sur le score de 2 buts à un en faveur des locaux, il permit aux "Tangos et noirs" d'accéder au Saint des Saints, la première division... Dans une forme olympienne, les vainqueurs du jour furent chaleureusement applaudis par 10 919 spectateurs, qui les récompensaient ainsi d'une saison époustouflante. En effet, le "Stade'" avait participé au 8ème de finale de la coupe de France où il se fit battre par un club de première division justement, l'AS Nancy-Lorraine qui avait la chance d'avoir comme milieu de terrain, un certain Michel Platini... Raymond KéruzoréLe 11 juin, c'est donc une "dream team" qui battit le Red Star avec onze joueurs qui, depuis plusieurs saisons, permettaient au "Stade" de faire partie de l'élite du football amateur sous la houlette de l'excellent entraîneur (pas de "coach" à l'époque) Michel Le Milinaire... Ces héros ? Jacky Rose, Alain Desgages, Lionel Lamy, Roger Bertin, Patrick Papin, Raymond Kéruzoré, Francis Smerecki, Bernard Blanchet, Georges Tripp, Souleymane Camara et Yannick Bonnec. Le grand débatVécue dans l'enthousiasme général, la victoire du 11 juin 1976 entraîna néanmoins un débat au sein du comité directeur du "Stade" car d'aucuns ne souhaitaient pas que leur équipe monte en première division... A cause des incidences financières, bien sûr car qui dit "football pro" dit "beaucoup d'argent" à mettre sur la table pour se constituer une équipe susceptible d'affronter des clubs aussi prestigieux que Saint-Etienne ou Bordeaux... Le président Henri BissonIl faut dire que les esprits de l'époque étaient obsédés par le cas de l'équipe d'Avignon qui, à la fin de sa première saison en D1 était lanterne rouge du championnat avec un total de 20 points et de 79 buts encaissés... Farouche partisan de la montée en D1, le président du "Stade" Henri Bisson donna trois jours de réflexion aux membres de son comité directeur pour se déterminer. Bien sûr, en cas de "non", il quitterait la présidence qu'il occupait depuis 1947... Le pour et le contreD'un côté comme de l'autre, les arguments ne manquaient pas : "Qui n'avance pas recule !" affirmait le Président, ajoutant qu'en cas de refus l'équipe - "son" équipe ! - devrait - quelle injustice ! - rétrograder en 3ème division !!! "Mais qui paiera en cas d'échec ?" osaient demander quelques voix menées par le vice-président Henri Fabre. Lesquels voix ajoutaient - O tempora O mores ! - qu'il était immoral que des êtres humains puissent gagner tant d'argent en tapant dans un ballon... Victoire du ouiD'où un climat de suspense en ville quand, le 14 juin, à 20 h précises, les 34 membres du comité directeur s'enfermèrent au 1er étage du Foyer culturel pour dire oui ou non à la D1... Attendu avec la même impatience que la fin d'un conclave chez les catholiques pratiquants, le résultat fut sans appel : 25 voix pour, 8 contre... Et c'est ainsi que fut donné le coup d'envoi d'une formidable aventure qui prit fin 13 ans plus tard, en 1989, quand celui qu'on nommait le "Petit Poucet de la D1" dut rétrograder en D2... Autres articles en lien avec Laval : Les treize ans du Stade Lavallois en 1ère division ; Alfred Jarry le Lavallois ; André Jaud, un adhérent E.Leclerc d'exception
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